Sandrine Pertin
Annemasse
Haute-Savoie
S'aimer inconditionnellement, c'est compatir pour ses faiblesses, ses erreurs, ses difficultés. Car enfin, il n'est pas possible
d'imaginer vivre sans erreur, sans faiblesses, sans difficultés. Cela fait partie du chemin de vie. Il est existant pour tous sans exception. La seule différence, lorsque l'on est éveillé, c'est
que cela est intégré dans l'expérience ; comme une expérience, sans jugement aucun, sans rejet non plus, mais avec une acceptation de ce passage obligé pour réaliser une idée plus grandiose, plus
globale. Le maître a aussi ses difficultés, ses erreurs, ses faiblesses mais il les transcende en étant compatissant envers lui-même.
La compassion est ce qui peut sans aucun doute aider les frères et sœurs de l'humanité à se comprendre et à se recréer à neuf en tant
qu'humanité. C'est ce qui va leur permettre d'approcher l'autre sans jugement et du coup, de lui laisser la liberté d'offrir le cadeau qu'il est venu offrir. Et enfin, aucune rencontre ne sera
vaine. Chaque rencontre peut être un cadeau en ce sens qu'elle permet de se définir soi-même. Le meilleur moyen de recevoir le cadeau est d'être à l'écoute de l'autre par rapport à ce qu'il a à
exprimer , par rapport à ce qu'il a à donner.
Il faut comprendre que laisser la liberté à l'autre d'être ce qu'il est, c'est s'offrir la liberté à soi-même de vibrer selon son
choix. Cependant, il faut beaucoup d'amour pour soi-même par rapport à cela car il faut repenser chaque action, chaque parole de l'autre comme appartenant à son expérience propre et comme étant
détachées de ce que nous sommes vraiment.
L'important c'est la confiance. La confiance en la vie et en l'autre. Il est impossible d'avoir confiance en l'autre sans avoir
confiance en soi. Rétablir la confiance en soi, en l'autre, en la vie et en Dieu, voilà le défi. La compassion ne peut pas être sans la confiance. Donc, en changeant l'idée racine et en
reconnaissant l'autre en tant qu'être divin, la confiance en lui sera rétablit.
L'autre est pure lumière d'amour. Il a droit à l'erreur sans pour autant que la confiance lui soit retirée, sans pour autant que sa
valeur devienne moindre. C'est justement quand il trébuche que la compassion peut s'éveiller et que le jugement peut laisser la place à une main qui se tend, à une occasion qui s'offre.
Dieu sait si bien faire cela.
Tendre la main encore et encore jusqu'à ce que nous sachions marcher seul ; jusqu'à ce que nous ne trébuchions plus.
Et si nous ne prenons pas la main que Dieu nous tend, alors Il nous laisse libre, libre de faire notre chemin.
Cela est l'amour inconditionnel.
Mais nous, humains, nous savons si bien nous jeter la pierre, n'est ce pas?
Nous avons souvent peur de l'autre, comme nous avons peur de nous-même. Nous manquons de confiance en nous et en notre divinité comme
nous manquons de confiance en l'autre. Cela est une erreur puisqu'il n'y a pas d'autre chemin que celui de la divinité ; puisque cela est notre essence même. Comment douter de notre essence?
Nous manquons de confiance en nous quant à nos facultés de supporter certaines choses, de pouvoir vivre certaines "épreuves" mais ceci est un manque de confiance en la Vie et la peur qu'elle ne nous apporte pas ce que nous escomptons.
Nous recevrons ce que nous sommes venus chercher au moment où nous en aurons fait l'expérience intérieure et non pas par expérience
extérieure.
Ne cherchons plus à l'extérieur ce qu'il nous faut trouver en nous c'est à dire, confiance, équilibre, foi et certitude.
N'attendons pas de l'extérieur qu'il nous conforte en nos croyances mais soyons persuadés et l'extérieur suivra.
Ainsi, la compassion peut revenir à regarder le bien, le beau et le divin chez l'autre, quoiqu'il advienne. Elle peut se résumer à en
être persuadé, même si nous voyons quelquefois en effet le décalage entre cette réalité et ce que l'autre peut vivre parce qu'il n'a pas su regarder en lui cette divinité. Mais la pire erreur
serait celle de douter de la divinité de l'autre et de la sienne propre.
Eckhart Tolle dans "Mettre en pratique le pouvoir du moment présent" exprime ceci :
Comment pouvez-vous éprouver du ressentiment vis-à-vis de la maladie de quelqu'un?
La seule attitude possible est la compassion.
Oui, la seule attitude juste est la compassion.
Comment pouvez-vous regarder l'autre autrement qu'avec ces yeux là?
Comment pouvez-vous le prendre en pitié, de haut, ou bien lui en vouloir, avec colère?
Comment pouvez-vous adopter une autre attitude que celle de la compassion vis à vis de l'autre?
Comment pouvez-vous estimer mieux savoir que lui, ce qui lui convient?
Comment pouvez-vous estimer mieux le connaître qu'il ne se connaît lui-même?
La seule chose que vous pouvez faire avec lui est ce que Dieu fait avec ses enfants. Lui tendre la main et accepter qu'il la
refuse.
La seule chose positive que vous pouvez faire par rapport à l'autre, c'est partir du principe qu'il est parfait mais et que,
quelquefois, il l'oublie. Avoir de la compassion pour lui, c'est comprendre qu'il n'a pas découvert la présence divine qui l'habite et que du coup, il vit en décalage avec ce qu'il est. Donc,
précisément, il ne crée pas intentionnellement le dysfonctionnement, c'est simplement qu'il a oublié qui il est. Et c'est ici, justement, que toute la subtilité réside. Il s'agit de ne pas le
juger ou le condamner pour cela. Mais il s'agit, seulement et simplement de lui proposer une main tendue et d'accepter qu'il la refuse.
Évidemment, il y a aussi ceux qui ont maintes fois été prévenus et qui continuent sur le chemin du dysfonctionnement car ils ne veulent pas entendre. Ceux là, ayons le courage de les laisser libre de faire leur chemin et d'apprendre.
Mais attention, il y a aussi ceux qui, lorsque l'on les laisse faire, nous montrent qu'en fait, ils savaient très bien ce qu'ils
faisaient. Car chez eux, il ne s’agissait pas de dysfonctionnements mais simplement d’une expression de leur nature humaine.
Dans ces cas-ci, nous nous devons de travailler sur nous-mêmes pour l’apprentissage de l’acceptation et de la sublimation de la nature humaine. Ce que nous voyons de « mal » ou de « non divin » n’est en fait qu’un humanité que nous nous devons d’aimer et d’accepter pour ce qu’elle est; c’est à dire un moyen, un simple moyen d’expression de la divinité. Elle est d’une utilité capitale et ne doit pas être calomniée sous prétexte de freiner l’évolution en marche. L’humanité n’est pas un mal en soi, elle est un mal si on s’y perd au détriment de ce que nous sommes vraiment venu expérimenter (notre divinité)…Mais si elle existe au départ, c’est dans le but de nous laisser exprimer cela et c’est pourquoi nous devons apprendre à totalement l’embrasser, l’aimer, la célébrer et la sublimer.
Il y a donc ceux qui semblent vivre des dysfonctionnements mais qui ont en fait une idée plus élevée derrière la tête. Ceux-ci
accomplissent un plan divin et se servent de leur humanité pour cela. Ceux-ci, ayons le courage de regarder leur plan d'âme et de s'élever à qui ils sont, vraiment. Pour ceux-ci, ayons la
capacité de remettre en question nos certitudes et nos croyances.
Ayons la compassion de voir ce que l'âme travaille derrière tout cela en évitant les jugements hâtifs. Que savons nous sur ce que
vivent vraiment les autres!!! Méfions-nous des apparences.
Kryeon canalisé par Lee Caroll exprime :
Savez-vous ce qu'est l'illumination ? C'est le moment où un Être Humain devient équilibré au point où il peut être compatissant
envers toutes et tous. Toutes et tous. Il n'y a aucun jugement dans le regard qu'il porte sur vous. Les autres aiment être en sa présence ! C'est l'illumination. Cet Être Humain a trouvé sa
propre vérité au centre de son cœur. Il n'a pas peur de l'amour de Dieu. Au lieu de cela, il diffuse l'amour de Dieu. Certains disent, « Ouais, c'est un petit peu trop doux ou mielleux pour moi.
» Si c'est votre cas, alors je vous dis que vous avez oublié Qui et Ce que vous êtes. Lorsque vous l'aurez reconnu, vous ferez partie des doux et précieux à qui ce message s'adresse. N'ayez pas
peur de l'amour de Dieu.
Etre compatissant envers toutes et tous, c'est reconnaître l'autre et le redonner à lui-même, l'inviter à vivre sa valeur et lui faire
entendre que tout être vivant a de la valeur aux yeux de Dieu..
Mais pour cela, il faut savoir se reconnaître soi-même avant toute chose, comme être divin. Comment aider les autres à briller en
restant terne soi-même? Cela parait peu concevable. D'abord parce que l'on ne peut pas trouver chez l'autre ce que l'on ne trouve pas chez soi-même. Voilà pourquoi incarner le service aux autres
signifie soit, avoir reçu ce que l'on donne, soit, savoir recevoir directement ce que l'on donne. Ensuite, parce que l'éclat de l'autre révèlerait de plus en plus notre propre non-éclat et cela
nous rendrait malheureux. Bien sûr, l'éclat de notre frère est aussi notre éclat puisque nous ne faisons qu'un. Nous avons donc bien tous, un rôle à jouer. Il est impossible de faire briller les
autres sans prendre notre propre place. En brillant nous-mêmes, nous aidons vraiment les autres à se révéler, nous les tirons, nous les invitons à se positionner face à cette lumière. Nous
donnons envie. En donnant l'éclat, apprenons à le recevoir quand c'est notre tour.
Il ne s'agit pas de se nourrir à la lumière de l'autre mais bien de travailler à sa propre lumière et si ce travail consiste à faire
briller les autres, alors il est bien de le faire mais pas de s'y perdre. Même si nous sommes en effet tous un, nous devons apprendre à être complémentaires et à ne pas fusionner les uns en les
autres. Nous devons apprendre à nous relier sans y perdre notre identité. La terre n'est pas faite pour que nous fusionnons entièrement. Chaque pièce du puzzle doit remplir son rôle afin que le
puzzle soit construit. Lorsque chaque pièce est à sa place, alors là, oui ; là, les pièces peuvent fusionner pour ne former plus qu'un.
Aider les autres à prendre leur place est une chose. Mais oublier de prendre la sienne en est une autre! C'est toujours au tour de
quelqu'un à un moment donné, afin que le "jeu" reste compréhensible pour tout le monde.
En résumé, "je m'aligne avec ce qui convient au plus grand nombre" mais à condition que cela me convienne aussi. Il s'agit de
conserver son pouvoir de création afin de pouvoir continuer à exprimer qui l'on est. Une expression qui ne peut être que bénéfique pour l'autre car nous allons devenir comme une source à laquelle
l'autre va venir s'abreuver. Il faut savoir rester un phare et toujours se demander : « A partir de quel moment je sers, et à partir de quel moment je me dessers??)
La compassion, c'est se voir en l'autre tout en sachant rester différent de lui d'où "la relation jumelle". Fusionner avec l'autre
(parce que nous sommes les mêmes) tout en étant conscient et en restant séparés (pour pouvoir le faire consciemment et sur notre planète terre).
Livre : "Un petit tour en compassion" 1